LA RECHERCHE & SES AVANCEES

Le consortium COSY a été mis en place après la collaboration de partenaires travaillant ensemble autour des syndromes d’hypercroissance dans la recherche et les soins cliniques.

Il existe plusieurs collaborations de longue date: entre Guillaume Canaud (Coordinateur scientifique) et Mario Pende (INSERM) qui appartiennent au même bureau d’études et travaillent déjà ensemble sur des modèles de souris. Stéphanie Baulac (Institut du Cerveau – ICM) et Nadia Bahi Buisson (INSERM et Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (APHP)) appartiennent au même réseau de neuroscientifiques. Stéphanie Baulac et Christine Bole (Institut Imagine) travaillent avec IntegraGen sur le séquençage génomique. Nadia Bahi Buisson et Guillaume Canaud ont collaboré pour organiser la prise en charge des patients atteints des syndromes d’hypercroissance à Necker Enfants Malades. Laurent Guibaud (Hospices Civils de Lyon – HCL) a interprété l’imagerie de ces patients.

De plus, des collaborations plus récentes ont eu lieu: Guillaume Canaud et Laurent Guibaud ont récemment commencé à travailler avec les sociétés partenaires Kitware et EOS Imaging.

Le projet est donc une initiative conjointe de 11 partenaires qui s’unissent pour redéfinir un nouveau standard de soins et offrir une organisation de services multidisciplinaire unique dédiée aux patients atteints des syndromes d’hypercroissance. Il réunit toutes les compétences nécessaires pour proposer des outils innovants en physiopathologie, génétique, imagerie et réorganisation des soins. Les connaissances et les compétences de tous les chercheurs et partenaires industriels, leur collaboration déjà établie et les affinités déjà développées offriront une occasion unique de répondre aux exigences des syndromes d’hypercroissance et optimiser les résultats.

Nous avons reçu mi-avril 2022 une excellente nouvelle : l’Alpelisib a été approuvé par la FDA pour le traitement des patients atteints de syndromes d’hypercroissance liées à PIK3CA.

Pour le Pr Guillaume Canaud, coordinateur du RHU COSY, et son groupe il s’agit d’une réussite fantastique. En effet, ils ont identifié Alpelisib comme un composé prometteur pour le traitement des syndromes de surcroissance en 2016. Après l’obtention de données encourageantes dans un modèle de souris, ils ont rapidement traité le premier patient adulte, suivi d’un patient pédiatrique, puis de 17 autres patients. Ces premiers résultats chez l’homme ont été extrêmement positifs et publiés dans la célèbre revue scientifique Nature.

Suite à la publication de l’article, un très grand nombre de médecins et de patients du monde entier ont manifesté leur intérêt pour l’Alpelisib comme traitement des syndromes d’hypercroissance. Pour répondre à la demande, l’unité dédiée de l’Hôpital Necker – Enfant Malades à Paris a été totalement réorganisée. En effet, à cette époque, l’équipe du Pr Canaud réalisait quotidiennement le génotypage des patients, les données étaient obtenues en 3 semaines et, pour tous les patients, les opportunités thérapeutiques étaient discutées en équipe multidisciplinaire afin d’identifier les patients pouvant rejoindre un essai clinique avec l’Alpelisib.

Grâce au soutien de Novartis et de plusieurs groupes de défense des patients, l’essai clinique nommé EPIK-P1 a été mis en place et a débuté en juin 2020. Cinquante-neuf patients atteints de syndromes d’hypercroissance liés à PIK3CA ont été inclus et ont reçu de l’Alpelisib. L’effet de l’Alpelisib était satisfaisant avec des effets secondaires minimes.

Les résulatats ont été présentés pour la première fois en septembre 2021 lors de la réunion de l’ESMO dans le cadre de la session sur de développement de thérapies innovantes et ensuite examinés par la FDA (Agence américaine des produits alimentaires et pharmaceutiques). Après quelques mois et deux inspections à l’Hôpital Necker – Enfant Malades, la FDA a approuvé l’utilisation d’Alpesilib pour le traitement des syndromes de surcroissance liés à PIK3CA.

Mais ce n’est pas la fin de l’histoire pour Guillaume Canaud et son groupe. Entre-temps, ils ont développé de nouveaux modèles de souris afin de mieux comprendre les troubles d’hypercroissance et le fonctionnement d’Alpesilib. Ces données ont également été publiées dans des revues à fort facteur d’impact telles que Science Translational Medicine et Journal of Experimental Medicine

Le mot de Guillaume Canaud :

“Au cours des dernières années, j’ai eu la chance de présenter nos résultats dans de nombreux endroits et j’ai toujours été surpris par l’accueil chaleureux que j’ai reçu. Tous ces voyages ont ouvert de nombreuses nouvelles collaborations, favorisé l’essor de nouveaux projets et aidé de nombreux patients. Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à tous les membres de notre équipe (personnel clinique et chercheurs) qui se consacrent entièrement à l’amélioration du bien-être de nos patients. Je tiens à remercier les patients pour la confiance qu’ils nous accordent, les organismes de financement qui nous soutiennent. Mais aussi les éditeurs et les réviseurs qui nous aident à améliorer nos recherches.”

 

Les objectifs, l’avancement et les faits marquants du projet COSY en 2020 

L’objectif général du projet COSY est de permettre une meilleure prise en charge des patients présentant un syndrome d’hypercroissance dysharmonieuse.


Pour cela, nous souhaitons améliorer le diagnostic génétique ; explorer de nouveaux gènes impliqués ; comprendre comment la maladie se développe et progresse ; identifier de nouvelles cibles thérapeutiques ; améliorer le parcours de soin des patients ; développer de nouveaux outils d’imagerie pour améliorer le suivi des patients ; communiquer afin de mieux faire connaitre ces syndromes auprès de la communauté médicale et enfin promouvoir une meilleure intégration des patients.

Le projet a débuté quasiment en même temps que la pandémie mondiale COVID-19 mais notre motivation n’a pas été impactée et nous avons pu avancer malgré le contexte international. En effet, nous avons identifié de nouveaux gènes chez des patients et nous sommes en train de démontrer leurs liens avec le développement de la maladie. Nous avons également progressé sur le plan de la compréhension des mécanismes moléculaires de ces syndromes, plusieurs publications scientifiques vont voir le jour prochainement. Un nouvel outil pour évaluer les anomalies osseuses des patients sera livré dans le courant de l’année ainsi que de nouvelles modalités d’analyse des imageries. Enfin, notre prise en charge hospitalière s’est améliorée avec un parcours patient de plus en plus fluide. Cette première année nous a donc permis de poser les bases de notre projet.


L’année qui arrive devrait voir se concrétiser plusieurs livrables.
A suivre!